Petite histoire de pains et de trous.

Y il a peu nous constations que le pain de notre boulanger avait changé.

Pièce a conviction...

Voici notre échange via le courriel.

Le 22 avril 2007

Bonjour Mr. le boulanger.

Client fidèle depuis l'ouverture de votre boutique, nous constatons ces dernières semaines une modification dans l'élaboration de votre pain. Il est toujours aussi bon mais il y a systématiquement des trous dans le pain ordinaire type flûte et pain carré!!

Voir photo ci-jointe. Ça fait rire, mais pour y mettre de la confiture c'est un peu compliqué!!! (a moins que vous ayez un truc???)

Bien sur ce courriel est tout a fais sympathique et nous vous restons fidèle.

Conservez la photo pour vos archives.

Je vous tiendrai au courant de l'évolution des trous :-)))))).

 

Cordialement

Christian

 

Réponse du boulanger;)

Le 23 avril 2007

 

Monsieur Christian,

Si je comprends bien les trous dans le pains sont aussi fidèles et  récurrents  que votre assiduité à en acheter!
Les trous, ces fameux trous. Même moi parfois je les trouve trop  gros, inflationnistes, irrévérencieux en rapport à mon souci de  façonnage, et carrément rebelles.
Et que de budgets familiaux ont été dépassés en confiture, sans  compter les nappes tachées, les doigts léchés à l'encontre de la  bienséance.
Voilà donc les différentes médecines que je propose.

1. Couper la flûte  en deux dans le sens longitudinal plutôt que  transversal, de manière à assurer l'étanchéité du plancher.
2. Faire vous-même votre confiture pour en diminuer les coûts.
3. Cesser de manger de la confiture avec le pain, de manière aussi à  éviter de consommer des sucres simples en même temps que les sucres  complexes, ce qui risque de provoquer une certaine fermentation 
interne...

De mon côté, comment puis-je améliorer la situation?
Je vous rassure, les pâtons sont pesés en pâte crue pour la flûte entre 580 et 620 gr chacun, alors les trous sont un bonus de la  cuisson. Vous êtes gagnants!
Mieux, cette explosion sauvage (et coûteuse) des gaz à  l'enfournement, signifie que les sucres encore présents dans la  pâtes, sous l'effet de leur transformation en gaz, procureront un  arôme additionnel. Voyez d'ici le dilemme shakespearien auquel je  fais face tous les matins: goût=trou, mie compactée sans trou=  expulsion des arômes, faire ou ne pas faire du bon pain, gaspillage  de confiture ou pas. Et je ne m'en sors jamais.

À savoir si le phénomène est plus accentué depuis peu, je dirais que  cela varie autant que l'humeur politique de la France, les variations  climatiques, et les soubresauts de la bourse.
Incontrôlable le phénomène. Si ce l'était je n'y trouverais plus de  plaisir. Et je n'aurais pas eu le bonheur de connaître vos  inquiétudes métaphysiques, et d'essayer d'en être solidaire.

Vous savez, Giuseppe fait de l'excellente confiture...

Bon, je vous creuser quelques trous dans mon potager.
Question de se préparer à la fin ultime, on finit tous dans un trou.

Benoît qui vous souhaite une bonne journée.

Depuis plusieurs semaines tout est rentré dans l'ordre. Plus un seul petit trou a se mettre sous la dent. Plus de taches de beurre ou de confiture sur la nappe. Les petits déjeuners sont devenus monotones (;-{)